Blog Poésie | Poèmes en prose, alexandrins et autres éclats poétiques

Poésie is not dead. L’ambition de ce modeste blog de poésie et de littérature est également de faire vivre les différentes formes d’écriture. Les alexandrins c’est un peu vieillot et un véritable casse tête à écrire pour respecter ses règles strictes, mais pourtant quelle douce musique à l’oreille.

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Du sommeil au coin des yeux – Poème alexandrins

Il te reste un peu de sommeil au coin des yeux.
Il a laissé d’infimes traces sur ton être ;
De discrets indices d’un périple audacieux,
Une suite intrigante de formes et de lettres.

Il te reste un peu de sommeil au coin des yeux.
Je sens les vestiges de ta fugue nocturne ;
J’aimerais me blottir au moindre de ses creux,
Y demeurer tel un invité taciturne.

Il te reste un peu de sommeil au coin des yeux.
Dès lors qu’ils s’entrouvrent, la brume se dilue ;
Les paysages alentour deviennent ennuyeux,
La bravoure laisse place à la retenue.

Il te reste un peu de sommeil au coin des yeux.
L’esprit oscille entre réel et rêverie ;
Cette vie éphémère se meurt peu à peu,
Ne laissant derrière elle qu’une peau engourdie.

Léon Plagnol

Poésie courte pluie

Poème court : Une Pluie Cossue

Tel un collier de perles qui soudain se brisa,
Les cieux furent amputés de leur précieux éclat.

Le bijou se déversa lentement,
Jadis retenue par un liseré délicat ;
Un festival d’assauts humiliants,
Sur les gueux arrangés en tas.

L’impact fut aléatoire,
l’intensité crescendo
Et je guette chaque soir,
la chute d’une goutte d’eau.

Puisse-t-elle inonder le brasier de mon cœur,
En chasser les souffrances dans une intense vapeur !

Léon Plagnol

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Poème : Amnésie

J’ai des souvenirs si lointains,
J’ignore s’ils sont miens ;
Comme étranger dans ce corps,
Passager clandestin de ce décor.

L’amnésie se déclare à l’aurore.
Des bribes de pensées s’évaporent,
Telle la rosée fébrile du printemps,
Impuissante face aux rayons ardents.

J’ai beau défier les rouages du temps,
Son sempiternel recommencement,
Ma singularité meurt chaque matin.
Je retrouve dès lors la fougue d’un bambin. (suite…)

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Pensée portugaise #4 : Océan de nuits

L’océan est pudique, il se pare d’un voile brumeux
Son labeur est constant, son train de vie houleux
Des méandres de sable guident ses ondes hasardeuses
Les éléments autorisent quelques incartades insidieuses

La marée tempère ses tentatives d‘invasion
Le vent attise les innombrables oscillations
Telle une pauvre bête en quête d’affection
L’océan est voué à errer sans compagnon

Quand il ne défie pas les péninsules fébriles
Sa monotonie apaise le temps d’une sieste
En journée, le grand bleu apparaît comme servile
Le soir venu, on le découvre bien plus leste (suite…)

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Pensée portugaise #3 : Les refuges bigarrés

Érigés en quinconce, des antres hors du temps
Un troupeau de maisons colorées subtilement
Elles entourent l’estuaire sans trop l’encombrer
Telle une échappatoire minimaliste maculée de traits

Jaune, vert, rouge, bleu dans un canevas simplifié
Le confort est précaire pour apprécier le grand air
Les portes miniatures permettent l’accès au repère
Une fuite de la ville vers un havre côtier

Troquer la pollution contre l’odeur de marée
Les klaxons absurdes contre les mouettes rieuses
Les rythmes soutenus contre un calme acharné
Pour s’émerveiller de rituels, de coutumes poussiéreuses (suite…)

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Pensée portugaise #2 : Estampe du bout de l’Europe

Les falaises grandiloquentes et non moins vulnérables,
Malmenées sans cesse par des assauts redoutables,
Tantôt le vent s’y acharne, tantôt les vagues s’y fracassent,
Les parois s’effritent, mais jamais ne se cassent.

Elles se laissent creuser non sans amertume,
Un domicile de choix pour les farceurs à plumes,
Ils rient de bon cœur en chutant vers l’écume,
Puis d’un battement d’ailes regagnent la brume.

Du haut de mon phare, j’observe sans bruit,
Ce tableau mouvant aux si doux coloris,
Chaque pigment m’évoque une émotion nouvelle,
Sur cette toile, l’humanité tout entière se révèle !

Seul mon antre dénote par son rouge alizarine,
Il doit se distinguer dans la solitude des crêtes,
Diurne, il égaye les côtes que l’océan taquine,
Rare témoignage d’une humanité discrète. (suite…)

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Désormais elle garde les yeux ouverts

Désormais elle garde les yeux ouverts,
Pareils à deux rubis humides et clairs,
D’où jaillit à présent un désir charnel.
L’âme qui trépigne aux portes de ses prunelles.

Désormais elle garde les yeux ouverts,
Laissant ses sentiments à découvert.
Un peu plus chaque jour le voisinage se meurt,
Par l’assiduité des rendez-vous du cœur.

Désormais elle garde les yeux ouverts,
Je surpasse l’attrait de l’imaginaire,
L’appréhension cède sa place à l’indécence,
Alors que ses émotions pénètrent mes sens. (suite…)

Poésie estampe nature peintre

Estampes rurales

5 mots imposés : expression/tentative/promettre/perle/certains

 

Délicat canva qui se révèle à qui veut bien se laisser faire,
Dans un tourbillon de teintes, un pantone mouvant et éphémère,
L’éclat céleste serpente sur les collines graciles,
Tout comme le vagabond guidé par une nature volubile.

Le sépia s’ouvre sur l’ocre puis viennent les premières gelées,
De la rouille naissait enfin d’onctueuses taches pourprées,
Les transitions sont fluides, à l’évidence instinctives,
Un dégradé subtil coule sur la toile passive.

Au grès des éléments et de certains caprices,
À chaque recoin l’encre s’immisce,
Des perles colorées, comme tentative de peindre,
Une évidence qui se meurt peu à peu sans geindre. (suite…)

forrest-gump-poésie

Cours !

5 mots imposés : désolé/cirque/nœud/ville/peu

Te souviens-tu de nos prières, de ton désir de voler ?
S’extirper de la misère pour enfin respirer,
Hors d’une foule grégaire toujours plus pressée.
Des matinées de calvaire à se faufiler.

Agenouillés dans l’herbe, les mains jointes,
Loin de la ville acerbe et ses heures de pointe,
Ma peau encore imberbe, ton sourire en demi-teinte,
Je suis à court de verbes, ces souvenirs m’éreintent.

Tes murmures timides dessinent d’élégants projets,
Une musique fluide pour mes ambitions étriquées.
Ton aura me guide, éblouissant les quolibets,
Qu’y a-t-il de plus stupide que la stupidité ? (suite…)

Rêverie exotique

5 mots imposés : antilope/décadent/plage/manchot/éventuel

Maintes fois, au réveil, mon crâne est plein de fantaisie,
Imprégné de songes éteints et de contes indécis,
Autant d’états singuliers, de germes de poésie,
Qui grisent votre âme et transportent votre esprit

Lors de mon dernier rêve, je m’étendais, très impudent
Sur une belle étendue, vaste et harmonieuse.
Et je l’étreignais – cette âme brûlante et capricieuse,
La recouvrant d’écume, d’un amour pâle et décadent.

Mon être était ardant d’une fièvre nouvelle
Qui s’exprimait sur elle de plusieurs façons :
Une suite de chocs, de caresses, de frissons,
Témoignage éclatant de mon amour fidèle. (suite…)