Blog Poésie | Poèmes en prose, alexandrins et autres éclats poétiques

Poésie is not dead. L’ambition de ce modeste blog de poésie et de littérature est également de faire vivre les différentes formes d’écriture. Les alexandrins c’est un peu vieillot et un véritable casse tête à écrire pour respecter ses règles strictes, mais pourtant quelle douce musique à l’oreille.

Coexister

Le printemps s’évapore, nos sentiments sont morts
Mes pensées pérorent sur l’attrait de votre corps
En ce rêve de condor, j’élève mon confort
Ressassant les efforts d’un amant qui s’ignore

Le signal des sémaphores cavale dès l’aurore
On prévient les renforts qu’un chien tache le décor
Lui dont le tord a séduit la plèbe et consorts
Ses disciples aux abords d’un périple au-dehors

Doux, mais sonore, le coup de grâce est indolore
Un destin qui corrobore cette fin de cador
L’habit bleu que j’arbore gît aux pieds des butors
Si une voix parle trop fort, c’est sa foi que l’on mord

L.P

A celle qui ne pleure pas

Viendras-tu contempler les brulures indicibles
De mon coeur, que le chagrin fatigue et accable
Viendras-tu, aux abîmes, créature admirable
Soulager ma douleur d’un sourire paisible.

Accorde-moi de te voir, nymphe délicate ;
Et réchauffe mon coeur engourdie par l’effroi.
Repousse avec grâce le puissant Désarroi,
Tel un baume qui couvre les lourds stigmates.

Dissipe les nuages et les brumes léthargiques,
Les orages tièdes, les maussades hivers ;
Réprime la tempête et ses souffles pervers,
Et offre à mon corps un repos nostalgique.

Hâtons-nous, mon âme, vers des chemins glorieux !
Des sentiers de sagesse, de beauté et de joie ;
Ces précieux attraits que je trouve chez toi,
Qui éveillent en mon coeur un chant victorieux !

F.L.

poésie voisinage ombre

TGND

Je décèle à travers les jalousies des oscillations inopinées
Un déhanché enivré par une jeunesse vive

Mes sens en léthargie émettent un intérêt soudain
J’avoisine la rougeâtre sensation d’un spectacle à huit clos
Souillé par une rétine avide de spontanéité

Des cheveux bouclés, une nuque dégagée parsemée de sueur
Scintillante telle une pellicule de diamant apposée avec tact
La discipline déstructurée offre matière à la contemplation
L’absence de réponses pousse au mutisme admiratif

Coucher des mots sur papier à défaut de palper (suite…)

A Flor E O Espinho

Ôtez ce sourire de mon chemin
Car j’aimerai passer avec ma douleur
Aujourd’hui pour vous je suis une épine
Mais l’épine ne blesse pas la fleur

J’ai fait erreur en joignant mon âme à la votre
Le soleil ne peut vivre si près de la lune

C’est dans le miroir que je décèle ma blessure
Ma douleur et mes yeux arrosés
J’étais une fleur dans votre vie
Désormais je ne suis qu’épine dans votre amour (suite…)

Les-Amarres

Les amarres

Alors que j’admirais les vastes écumes
Au bord des rivages froids et verts
L’âme plus lourde qu’une enclume
Transi dans le sable glacé de l’hiver

Quand soudain une créature splendide
Fendit les vagues et les embruns,
Érigeant un chemin jusqu’à mon cœur timide
Moquant la houle et les gouffres malins

Comme guidée par une entité divine
Elle progresse avec grâce et insouciance
Ses courbes partiellement voilées par une brume marine
Exaltent mon imagination et titillent mes sens

Je demeure pantois face à ce cadeau insolite
Tant de bonté réunie en une situation incongrue
La gratitude m’envahit, la méfiance me quitte
Aucunes tergiversations ne nourrira l’imprévu (suite…)

Voix-de-Rogomme

Rogomme

Je cours sans me mouvoir dans ce rêve récurrent
Où mon esprit s’égare par un but indolent
Renfrogné du soir, de l’obscurité qui ment
Ces nuages illusoires en sont presque indécents

Les pauses écourtées nourrissent la voix de rogomme
Et ma prose souffre de la banalité des hommes
Curieux de l’incurable et des passions qui chôment
Les journées sont bancales et l’ennui nous embaume

La couche des fêtards ou le levée des bambins
Leurs joues légèrement rosées par un doux matin
Plonge mon esprit amorphe dans un conflit malsain
Le lambin que je suis ne veut pas finir larbin

L.P

Francoise-Sagan

Françoise Quoirez

Elle a la jambe légère ne lui en voulait pas
Si elle alterne les bougres et les fils à papa
Ces haltérophiles ne font vraiment pas le poids
Face aux nombreux attraits de ce joli minois

Elle vole avec grâce de palaces en caboulots
Veillant à ne laisser ni plumes ni numéros
Ivre de vitesse, elle ne cesse de vivre trop
La modestie ne lui fera jamais défaut

Sa gangrène se partage avec Dostoïevski
Le joueur présent au chevet de sa folie
Une célébrité précoce rend vite démunie
L’horreur est humaine, elle décuple cette soif de vie

Je suis franc sois en sûr, j’affirme avec aplomb (suite…)

Aufhebung

Une route sinueuse au dessein bien hasardeux
Je m’engage avec la fougue d’une confiance soudaine
Un optimisme balbutiant pour ce jeu dangereux
Parant les vents contraires, j’atteins les premières plaines

Un massif montagneux s’érige dorénavant
Deux crêtes antinomiques que je dois écarter
Chaque geste est calculé pour permettre le suivant
Le chemin est parsemé de codes erronés

Une forêt voilée qui paraît impénétrable
L’humidité progresse, l’oxygène disparaît
Fraîchement élaguée pour la saison tropicale
Les fruits se gorgent de sucre, parés à imploser

L.P

raymond-devos

J’aimerais mon dieu vociférant

Tu joues avec les mots
Tu jongles avec les farces
Tu es rempli d’audace

Je t’envie l’éloquence
Et ta fameuse prestance
Qui traverse le temps

Tu prônes une vie de danse
Où l’absurde et l’esprit
Demeurent en concordance

Moquant les interdits
Frôlant souvent l’abstrait
Pourvu que les gens rient

Le but de tout artiste
Ces jeunes gens dérangés (suite…)

Sonnet-poeme-alexandrins

Qu’un au revoir

Une auréole brumeuse plane par dessus nos têtes
On néglige naïvement sa présence quelque fois
De longues discussions la rendent presque désuète
Elle n’a de cesse de nous guetter comme une proie

Un microclimat constant des plus oppressants
On voudrait que perdure cette bulle hors du temps
Fusionner nos corps dans ce présent permanent
Mais au prochain virage le destin nous attend

Il n’est jamais nécessaire d’en arriver la
Mener une vie terne semble devenir un exploit (suite…)