Blog Poésie | Poèmes en prose, alexandrins et autres éclats poétiques

Poésie is not dead. L’ambition de ce modeste blog de poésie et de littérature est également de faire vivre les différentes formes d’écriture. Les alexandrins c’est un peu vieillot et un véritable casse tête à écrire pour respecter ses règles strictes, mais pourtant quelle douce musique à l’oreille.

raymond-devos

J’aimerais mon dieu vociférant

Tu joues avec les mots
Tu jongles avec les farces
Tu es rempli d’audace

Je t’envie l’éloquence
Et ta fameuse prestance
Qui traverse le temps

Tu prônes une vie de danse
Où l’absurde et l’esprit
Demeurent en concordance

Moquant les interdits
Frôlant souvent l’abstrait
Pourvu que les gens rient

Le but de tout artiste
Ces jeunes gens dérangés (suite…)

Sonnet-poeme-alexandrins

Qu’un au revoir

Une auréole brumeuse plane par dessus nos têtes
On néglige naïvement sa présence quelque fois
De longues discussions la rendent presque désuète
Elle n’a de cesse de nous guetter comme une proie

Un microclimat constant des plus oppressants
On voudrait que perdure cette bulle hors du temps
Fusionner nos corps dans ce présent permanent
Mais au prochain virage le destin nous attend

Il n’est jamais nécessaire d’en arriver la
Mener une vie terne semble devenir un exploit (suite…)

Sonnet-poeme-matin

Le matin

Blanche est la nuit, lourd est le jour
Je ne trouve de repos que dans tes bras de velours
De cette prison de plume, je veux être bagnard
Travaillant de force, près de toi chaque soir

Blanche est la nuit, lourd est le jour
Je voudrais demeurer en ces bras pour toujours
Qu’ils m’enlacent jusqu’à ne former qu’un seul être
Loin des maux que le sort s’évertue à commettre

Blanche est la nuit, lourd est le jour
Voici déjà la fin de mon céleste séjour
Le soleil éclaire de son regard naissant

Et vient submerger la couche des jeunes amants
Cette féroce clarté annonce le temps des adieux
Oh ! Phoebus, garde donc tes reflets victorieux

François Lillart

Pastiche de Sand

1311240-George_Sand

Pastiche de Sand

Ma tendre amie, j’aimerais vous
avertir de ma détresse profonde. Ce
baiser sans la moindre pudeur
était fort déplacé. Il m’a marqué
vivement et pendant longtemps
cette image me restera à l’esprit.

J’espère que nous pourrons un jour
tout oublier, et autour d’un verre
nous voir, j’ai bien le droit à une
seconde chance, ma douce Burkina-
baise. Viens demain soir, je te ferais le
plat de ton choix, nous parlerons avec re-
cul, comme les grandes personnes.

ps: pour goûter à la substance romantique, ne lire qu’une phrase sur deux

F.L.

Plaisir estival d’un pervers aux yeux feutrés

Elles surgissent sans crier gare, voguant à présent sur le même trottoir.
Comme déposées là par une entité divine, leurs attributs ne sont en rien ostentatoires.
Nappées d’un tissu floral, subtil et délicat.
On devine avec enthousiasme, non sans frustration, l’oscillation rythmée et mélodieuse de la chair bombée.
Des arcs de cercles à la précision géométrique, malmenés par les turpitudes des rues du centre-ville.
Qui toujours se replacent, jamais ne s’affaissent, souvent m’amènent à de nouvelles adresses.
Derrière mes verres ombragés, pensant me cacher sous un anonymat à monture, je me délecte de ce spectacle frappé d’une gêne chronique.
Le temps est comme suspendu lorsqu’elles s’entre-chocs dans ce doux fracas inaudible et c’est avec un recule en rien objectif que je ne détecte aucune lacune.
Pardonnez mon intrusion déplacée dans votre univers lisse et montagneux.
Mon forfait s’il en est ne dépassera pas le cadre de mes fantasmes.
Il alimentera peut être quelques nuits humides délicieuses mains néanmoins incontrôlées.
Mon vice peut sembler abjecte, je le confesse.
Cependant, comment résister à ce binôme balloté, cette paire secouée, ce duo animé.
Mesdames, je ne peux que me prosterner devant la magnificence de vos fessiers.

L.P

Poeme-Oiseau-de-nuit-alexandrins

Les Matines

Les bras de Morphée ne sont pas assez épais
Voilà que je passe entre les mailles du filet
C’est à grand regret que je parviens à m’extirper
De votre étreinte si langoureuse et passionnée

Les oiseaux de nuit règnent en maîtres sur Paris
Pourtant leur travail reste à jamais incompris
Tapis dans l’ombre quand le soleil éclaire la vie
Ils se languissent de voir la prochaine accalmie

La peur du connu avorte les pensées clémentes
Une mise à nu cérébrale des plus angoissante
Pour une succession de maux psychiques redondante

Et on les laisse, las et blasé de leur détresse
Avinés, trop imbus pour se rendre à confesse
Évoquant sans cesse l’apanage de la jeunesse

L.P