Blog Littérature : nouvelles, poémes, histoires courtes et jeux d’écriture

Le blog de littérature CYNIQUETAMERE est avant tout un lieu d’expérimentations littéraires : poésie, nouvelle, jeux d’écriture, etc. L’idée étant de s’imposer une rigueur et une fréquence de publication afin de peaufiner sans cesse notre style d’écriture et de narration.

A celle qui ne pleure pas

Viendras-tu contempler les brulures indicibles
De mon coeur, que le chagrin fatigue et accable
Viendras-tu, aux abîmes, créature admirable
Soulager ma douleur d’un sourire paisible.

Accorde-moi de te voir, nymphe délicate ;
Et réchauffe mon coeur engourdie par l’effroi.
Repousse avec grâce le puissant Désarroi,
Tel un baume qui couvre les lourds stigmates.

Dissipe les nuages et les brumes léthargiques,
Les orages tièdes, les maussades hivers ;
Réprime la tempête et ses souffles pervers,
Et offre à mon corps un repos nostalgique.

Hâtons-nous, mon âme, vers des chemins glorieux !
Des sentiers de sagesse, de beauté et de joie ;
Ces précieux attraits que je trouve chez toi,
Qui éveillent en mon coeur un chant victorieux !

F.L.

poésie voisinage ombre

TGND

Je décèle à travers les jalousies des oscillations inopinées
Un déhanché enivré par une jeunesse vive

Mes sens en léthargie émettent un intérêt soudain
J’avoisine la rougeâtre sensation d’un spectacle à huit clos
Souillé par une rétine avide de spontanéité

Des cheveux bouclés, une nuque dégagée parsemée de sueur
Scintillante telle une pellicule de diamant apposée avec tact
La discipline déstructurée offre matière à la contemplation
L’absence de réponses pousse au mutisme admiratif

Coucher des mots sur papier à défaut de palper (suite…)

Un temps pour l’espoir

Caspar_David_Friedrich_-_Wanderer_above_the_sea_of_fog

 

Jean était allongé sur le sol. Isolé, quelque part au milieu d’un pré sauvage où l’herbe avait poussé en abondance, il avait contemplé les étoiles toute la nuit. A ce moment-là de l’année, il était possible pour les âmes les plus hardi de dormir avec le ciel illuminé pour seul vis-à-vis. Le vent avait soufflé une tournoyante berceuse, sur le cœur de la vallée. Les violents courants d’airs parcouraient chaque gorge sinueuse, grisaient les branches de leurs étreintes énergiques, et venaient mourir contre les parois abruptes, sous le regard impassible des constellations. (suite…)

Les-Amarres

Les amarres

Alors que j’admirais les vastes écumes
Au bord des rivages froids et verts
L’âme plus lourde qu’une enclume
Transi dans le sable glacé de l’hiver

Quand soudain une créature splendide
Fendit les vagues et les embruns,
Érigeant un chemin jusqu’à mon cœur timide
Moquant la houle et les gouffres malins

Comme guidée par une entité divine
Elle progresse avec grâce et insouciance
Ses courbes partiellement voilées par une brume marine
Exaltent mon imagination et titillent mes sens

Je demeure pantois face à ce cadeau insolite
Tant de bonté réunie en une situation incongrue
La gratitude m’envahit, la méfiance me quitte
Aucunes tergiversations ne nourrira l’imprévu (suite…)

Voix-de-Rogomme

Rogomme

Je cours sans me mouvoir dans ce rêve récurrent
Où mon esprit s’égare par un but indolent
Renfrogné du soir, de l’obscurité qui ment
Ces nuages illusoires en sont presque indécents

Les pauses écourtées nourrissent la voix de rogomme
Et ma prose souffre de la banalité des hommes
Curieux de l’incurable et des passions qui chôment
Les journées sont bancales et l’ennui nous embaume

La couche des fêtards ou le levée des bambins
Leurs joues légèrement rosées par un doux matin
Plonge mon esprit amorphe dans un conflit malsain
Le lambin que je suis ne veut pas finir larbin

L.P

Francoise-Sagan

Françoise Quoirez

Elle a la jambe légère ne lui en voulait pas
Si elle alterne les bougres et les fils à papa
Ces haltérophiles ne font vraiment pas le poids
Face aux nombreux attraits de ce joli minois

Elle vole avec grâce de palaces en caboulots
Veillant à ne laisser ni plumes ni numéros
Ivre de vitesse, elle ne cesse de vivre trop
La modestie ne lui fera jamais défaut

Sa gangrène se partage avec Dostoïevski
Le joueur présent au chevet de sa folie
Une célébrité précoce rend vite démunie
L’horreur est humaine, elle décuple cette soif de vie

Je suis franc sois en sûr, j’affirme avec aplomb (suite…)

Aufhebung

Une route sinueuse au dessein bien hasardeux
Je m’engage avec la fougue d’une confiance soudaine
Un optimisme balbutiant pour ce jeu dangereux
Parant les vents contraires, j’atteins les premières plaines

Un massif montagneux s’érige dorénavant
Deux crêtes antinomiques que je dois écarter
Chaque geste est calculé pour permettre le suivant
Le chemin est parsemé de codes erronés

Une forêt voilée qui paraît impénétrable
L’humidité progresse, l’oxygène disparaît
Fraîchement élaguée pour la saison tropicale
Les fruits se gorgent de sucre, parés à imploser

L.P

raymond-devos

J’aimerais mon dieu vociférant

Tu joues avec les mots
Tu jongles avec les farces
Tu es rempli d’audace

Je t’envie l’éloquence
Et ta fameuse prestance
Qui traverse le temps

Tu prônes une vie de danse
Où l’absurde et l’esprit
Demeurent en concordance

Moquant les interdits
Frôlant souvent l’abstrait
Pourvu que les gens rient

Le but de tout artiste
Ces jeunes gens dérangés (suite…)

Sonnet-poeme-alexandrins

Qu’un au revoir

Une auréole brumeuse plane par dessus nos têtes
On néglige naïvement sa présence quelque fois
De longues discussions la rendent presque désuète
Elle n’a de cesse de nous guetter comme une proie

Un microclimat constant des plus oppressants
On voudrait que perdure cette bulle hors du temps
Fusionner nos corps dans ce présent permanent
Mais au prochain virage le destin nous attend

Il n’est jamais nécessaire d’en arriver la
Mener une vie terne semble devenir un exploit (suite…)

Mante religieuse, partie 2.

giphy

Lien vers la première partie (sinon tu comprendras rien): Partie 1

 

Standard se préparait pour le diner. Il décida de s’y rendre sobre. Si d’ordinaire il ne rechignait que rarement aux vertus de l’alcool, cette fois-ci, il ne fallait pas prendre le risque de vomir. Il brossa soigneusement les cheveux restés fidèles à son crane, puis ses dents, et il empoigna son vélo. Le restaurant se trouvait dans un quartier éloigné, qu’il ne fréquentait jamais. Il adopta un rythme modéré pour ne pas dégouliner de sueur devant sa nouvelle amie. Mais l’été n’était pas clément avec les pauvres bougres de son espèce. Le soleil tabassait jusque tard et la fraicheur se faisait douloureusement attendre.

Il arriva à l’heure convenue, et cacha son vélo derrière des poubelles. Un peu plus loin, il s’arrêta devant une vitrine de magasin pour qu’il puisse étudier son allure, et s’apprêta tranquillement comme s’il était dans sa chambre. Il remonta son pantalon qui avait fait le chemin inverse pendant le périple à bicyclette. Une fois ses écueils vestimentaires surmontés, notre héros se dirigea vers le restaurant d’un pas excessivement rapide pour ses petites jambes. Il était prêt à voir sa belle. Pas question de perdre une seconde de plus.

« Bonsoir, Monsieur. C’est pour une personne? »

« Non, non, j’attends quelqu’un. Peut-être est-elle arrivée ? Avez-vous vu une femme plutôt verte ? » (suite…)