Blog Littérature : nouvelles, poémes, histoires courtes et jeux d’écriture

Le blog de littérature CYNIQUETAMERE est avant tout un lieu d’expérimentations littéraires : poésie, nouvelle, jeux d’écriture, etc. L’idée étant de s’imposer une rigueur et une fréquence de publication afin de peaufiner sans cesse notre style d’écriture et de narration.

Concours nouvelle écriture

Le Bossu De Notre Rame (Partie 3&4)

III

 

Prévenue par un appel de l’assistant personnel d’Idris, l’inspectrice Aubry débarque dans l’appartement. Idris n’est pas rentré à l’issue de sa journée de travail. Or, les radars de la police détectent bien le signal de sa puce émetteur à cette adresse. Cela fait des décennies que la véracité des robots assistants prime sur celle des hommes. Leur haut degré de technologie couplé à un programme interne d’impartialité à la sécurité infaillible en fait des alliés de choix.

En étudiant les lieux, l’inspectrice est quelque peu décontenancée par le désordre qui règne dans l’habitation, au vu de la réputation plutôt cossue de ce quartier résidentiel.

« Monsieur Allard parlait très peu, il passait le plus clair de son temps dans son atelier » énonça le robot en sentant la réflexion s’intensifier chez l’agente.

Sur les indications de l’assistant, elle parcourt la cuisine, le salon, puis longeant le couloir donnant sur la chambre à coucher et la salle de bain, elle parvient à une petite pièce. (suite…)

exercice écriture mots

5 mots : La Coupe Est Pleine

Cerne/Cigale/Arc/Va-nu-pieds/Irréel

Un ciel opaque galvanisant les passions,
D’une foule cernée par l’incompréhension,
Les cigales feignent une extinction de voix,
Rebus de la nation face aux chiens qui aboient.

Tel un arc bandé par l’amas de frustration,
La pénombre naissante projette ses pions,
Des va-nu-pieds en quête de dramaturgie,
Pour que l’irréel se confonde avec la vie.

Trop d’excès concentrés sur cette cime si friable, (suite…)

Nouvelle concours littérature

D’un coup, deux dimensions (Partie 1&2)

I

 

Benjamin a toujours été un éternel indécis. Il tient sans doute cela de son grand-père, un homme imposant par sa taille, mais d’une timidité foudroyante. Incapable de la moindre initiative. Son inconfort permanent était maladif, il apparut très tôt pour ensuite le suivre et l’handicaper toute sa vie. Très vite, il fit l’acquisition d’un dé porte-bonheur, qu’il ne manquait pas de lancer avant chaque prise de décision importante. Plus le chiffre obtenu était élevé, plus la situation était critique et devait provoquer sa fuite ou son refus. Le fameux dé, griffé par l’usage du temps, aux rainures rongées, quasi plates, ne quitte jamais les poches de Benjamin. Ce précieux héritage, le seul qu’il reçut de son aïeul, accompagna l’adolescence difficile et les fréquentations tumultueuses d’un garçon triste et terriblement influençable.

Les parents ont vite observé une perte d’éclat dans le regard de leur Benji adoré. (suite…)

Poeme Le Mari De Jeanne weed

5 mots : Le Mari de Jeanne

stupéfaction/diplomatique/souffle/illégal/existant

Esquinté par une routine harassante, il reprend son souffle puis s’éparpille,
Ses pensées voguent ici et là, pareilles aux particules de cendres,
Bousculées par une brise, frêle et sénile,
Comment font les êtres existants pour demeurer si tendres ?

Malgré la conscience que la vie s’effrite en ce monde déroutant,
Sa femme approche et s‘effeuille délicatement,
Il constate avec stupéfaction une peau blanche immaculée,
Cela fait depuis juin dernier qu’il n’y avait point touché. (suite…)

Concours nouvelle écriture

Le bossu de notre rame (partie I & II)

I

Voûté et hagard, il débarque dans le tintamarre du hall de gare.
Le visage bouffi et luisant, il avance d’un pas lent, mais décidé. Alors qu’il se hâte pour se propulser dans la rame prête à partir, les regards intrigués des usagers convergent étrangement vers sa personne. Une fois en place, seuls ses doigts en mouvement pianotent le rectangle tenu au niveau de son bas ventre. Un visage congestionné, souffrant de reliefs turgescents qui reste de marbre. Le train poursuit sa course programmée, défiant la pénombre naissante. Il semble s’épanouir, esquissant presque un sourire alors qu’un bleu luminescent inonde son être courbé. Une nuque bombée qui fusionne avec un crâne focalisé sur un bruit blanc constant.

Inconscient de ce qui l’entoure, le bossu est figé dans l’instant.
Habitué aux agressions des sens depuis son enfance, il avance docilement dans les artères artificielles de la ville. Une fois l’écran condamné à un repos cyclique inévitable, il tente de se rehausser. En balayant d’un bref coup d’œil les différents passagers, il constate une dizaine de mines ahuries le fixant avec insistance. Les regards inquisiteurs alternent tour à tour entre le visage d’Idris et la poche avant de son bleu de travail. En se sentant démasqués, ils détournèrent leurs pupilles à la hâte, dans un mouvement grotesque, pour se focaliser avec un intérêt disproportionné aux publicités défilant sur les vitres-écrans du wagon. (suite…)

exercice d'écriture poème

Deux par deux jusqu’au zénith

Pianote

Déchaîne tes doigts

Soulève donc ce joug dissonant

Qui désaccorde les êtres en chassant l’âme

Un chœur héroïque, une symphonie au zénith

Conquérante de la liberté des dames

Elles dévoilent un rythme entêtant

Empli de grâce et d’espoir

Elles chantent d’une voix

Sans faute

L.P

Coexister

Le printemps s’évapore, nos sentiments sont morts
Mes pensées pérorent sur l’attrait de votre corps
En ce rêve de condor, j’élève mon confort
Ressassant les efforts d’un amant qui s’ignore

Le signal des sémaphores cavale dès l’aurore
On prévient les renforts qu’un chien tache le décor
Lui dont le tort a séduit la plèbe et consorts
Ses disciples aux abords d’un périple au-dehors

Doux, mais sonore, le coup de grâce est indolore
Un destin qui corrobore cette fin de cador
L’habit bleu que j’arbore gît aux pieds des butors
Si une voix parle trop fort, c’est sa foi que l’on mord

L.P

A celle qui ne pleure pas

Viendras-tu contempler les brulures indicibles
De mon coeur, que le chagrin fatigue et accable
Viendras-tu, aux abîmes, créature admirable
Soulager ma douleur d’un sourire paisible.

Accorde-moi de te voir, nymphe délicate ;
Et réchauffe mon coeur engourdie par l’effroi.
Repousse avec grâce le puissant Désarroi,
Tel un baume qui couvre les lourds stigmates.

Dissipe les nuages et les brumes léthargiques,
Les orages tièdes, les maussades hivers ;
Réprime la tempête et ses souffles pervers,
Et offre à mon corps un repos nostalgique.

Hâtons-nous, mon âme, vers des chemins glorieux !
Des sentiers de sagesse, de beauté et de joie ;
Ces précieux attraits que je trouve chez toi,
Qui éveillent en mon coeur un chant victorieux !

F.L.

poésie voisinage ombre

TGND

Je décèle à travers les jalousies des oscillations inopinées
Un déhanché enivré par une jeunesse vive

Mes sens en léthargie émettent un intérêt soudain
J’avoisine la rougeâtre sensation d’un spectacle à huit clos
Souillé par une rétine avide de spontanéité

Des cheveux bouclés, une nuque dégagée parsemée de sueur
Scintillante telle une pellicule de diamant apposée avec tact
La discipline déstructurée offre matière à la contemplation
L’absence de réponses pousse au mutisme admiratif

Coucher des mots sur papier à défaut de palper (suite…)

Un temps pour l’espoir

Caspar_David_Friedrich_-_Wanderer_above_the_sea_of_fog

 

Jean était allongé sur le sol. Isolé, quelque part au milieu d’un pré sauvage où l’herbe avait poussé en abondance, il avait contemplé les étoiles toute la nuit. A ce moment-là de l’année, il était possible pour les âmes les plus hardi de dormir avec le ciel illuminé pour seul vis-à-vis. Le vent avait soufflé une tournoyante berceuse, sur le cœur de la vallée. Les violents courants d’airs parcouraient chaque gorge sinueuse, grisaient les branches de leurs étreintes énergiques, et venaient mourir contre les parois abruptes, sous le regard impassible des constellations. (suite…)