Blog Littérature : nouvelles, poémes, histoires courtes et jeux d’écriture

Le blog de littérature CYNIQUETAMERE est avant tout un lieu d’expérimentations littéraires : poésie, nouvelle, jeux d’écriture, etc. L’idée étant de s’imposer une rigueur et une fréquence de publication afin de peaufiner sans cesse notre style d’écriture et de narration.

Nouvelle Histoire Courte Sommeil Coma

Nouvelle : L’accoutumé

Temps de lecture : 3/4 min.

I.

Chaque soir, il se dirige vers son lit d’un pas lent, redoutant ce passage obligé qui vient ponctuer une journée qui ne fut pas assez productive à son goût. Enfant, l’abandon aux bras de Morphée lui était des plus difficile. Il n’aimait pas perdre le contrôle. Penser aux huit longues heures durant lesquelles il serait inconscient, livré aux songes et à un univers si abstrait lui donnait le tournis. Nul sentiment d’inachevé ou de temps gâché à l’époque, seulement la peur de ce qui pourrait advenir pendant cette pause hors de la vie, ce suspend d’appartenance au monde et la crainte de ne jamais se réveiller.

L’appréhension du coucher s’est peu à peu changée en contrainte du repos. S’astreindre au sommeil pour ne pas en subir les conséquences à la naissance du jour suivant. Pouvoir tenir une journée de plus parmi ses semblables et trouver l’énergie nécessaire pour assurer les obligations qui jalonnent le quotidien.
Seulement, lorsque les lumières s’estompent, que la pénombre enveloppe les corps engourdis et que la conscience s’évapore, la sienne demeure quelque peu. Un léger sursis qu’il essaie tant bien que mal de dissiper. (suite…)

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La somme due

Lorsque l’on boite, on se remémore les plaisirs simples d’une balade en bordure de quai, la voûte foulant fièrement le pavé dans une démarche naturelle, le corps en parfaite autonomie, alternant les mouvements dans une chorégraphie maîtrisée.
Lorsque l’on souffre, d’une maladie bénigne ou d’un mal plus grand, il nous arrive d’envier les jeunes actifs emplis de vie, de maudire leurs mines rayonnantes et de leur souhaiter les pires atrocités dans un excès d’orgueil incontrôlé.
Lorsque l’on meurt, on aimerait que tout s’arrête avec soi. Que les rues s’éteignent, que les êtres déposent le bilan et deviennent poussière. Un pot de départ sous le signe de l’égoïsme donc. Ou alors, sur le rassemblement utopique des âmes qui, dans leurs derniers instants, s’effritent et se mélangent pour former un seul et unique amas. Un tas de cendres universel et tolérant.

Je sens que c’est bientôt mon tour. (suite…)

Nouvelle concours littérature

D’un coup, deux dimensions (Partie 3,4&5)

Partie 1&2 –> https://cyniquetamere.com/2018/10/17/dun-coup-deux-dimensions-partie-12/

 

III

Il se réveille difficilement. Les yeux enfoncés dans leurs orbites. Les va-et-vient successifs opérés par ses paumes parviendront non sans peine à dissiper l’écran flou, qui persiste à retarder l’éveil des sens. Peu à peu, la netteté se fraye un chemin et les idées commencent à s’organiser.
Les dernières bribes d’images se résument à un grand flash accompagné d’un bruit assourdissant, à vous exploser les tympans.

Or, Ben, dans sa phase de convalescence lente et chétive, semble distinguer le bruit des vagues, le doux fracas lorsqu’elles viennent périr sur le sable. Une attaque vaine et incessante contre une structure moléculaire différente, une suite de suicides inexplicable du liquide tumultueux sur le solide passif que constituent ces milliers de grains agencés en tas.

Ben sort enfin de son état latent. Mise à part une fatigue intense, il ne ressent aucune douleur.
À présent assis sur le lit, il constate qu’il est entièrement nu. Balayant la chambre cosy dans laquelle il se trouve, il repère une chemise appartenant à sa garde-robe. Les souvenirs le percutent soudainement sous forme de flashes clairs et violents.
Une nausée accompagnant une insomnie indomptable, de la drogue dure absorbée à jeun, les mains qui tremblent, un lieu bondé, une foule qui se hâte, la surprise puis l’effroi sur leurs visages. (suite…)

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Le Bossu De Notre Rame (Partie 3&4)

III

 

Prévenue par un appel de l’assistant personnel d’Idris, l’inspectrice Aubry débarque dans l’appartement. Idris n’est pas rentré à l’issue de sa journée de travail. Or, les radars de la police détectent bien le signal de sa puce émetteur à cette adresse. Cela fait des décennies que la véracité des robots assistants prime sur celle des hommes. Leur haut degré de technologie couplé à un programme interne d’impartialité à la sécurité infaillible en fait des alliés de choix.

En étudiant les lieux, l’inspectrice est quelque peu décontenancée par le désordre qui règne dans l’habitation, au vu de la réputation plutôt cossue de ce quartier résidentiel.

« Monsieur Allard parlait très peu, il passait le plus clair de son temps dans son atelier » énonça le robot en sentant la réflexion s’intensifier chez l’agente.

Sur les indications de l’assistant, elle parcourt la cuisine, le salon, puis longeant le couloir donnant sur la chambre à coucher et la salle de bain, elle parvient à une petite pièce. (suite…)

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5 mots : La Coupe Est Pleine

Cerne/Cigale/Arc/Va-nu-pieds/Irréel

Un ciel opaque galvanisant les passions,
D’une foule cernée par l’incompréhension,
Les cigales feignent une extinction de voix,
Rebus de la nation face aux chiens qui aboient.

Tel un arc bandé par l’amas de frustration,
La pénombre naissante projette ses pions,
Des va-nu-pieds en quête de dramaturgie,
Pour que l’irréel se confonde avec la vie.

Trop d’excès concentrés sur cette cime si friable, (suite…)

Nouvelle concours littérature

D’un coup, deux dimensions (Partie 1&2)

I

 

Benjamin a toujours été un éternel indécis. Il tient sans doute cela de son grand-père, un homme imposant par sa taille, mais d’une timidité foudroyante. Incapable de la moindre initiative. Son inconfort permanent était maladif, il apparut très tôt pour ensuite le suivre et l’handicaper toute sa vie. Très vite, il fit l’acquisition d’un dé porte-bonheur, qu’il ne manquait pas de lancer avant chaque prise de décision importante. Plus le chiffre obtenu était élevé, plus la situation était critique et devait provoquer sa fuite ou son refus. Le fameux dé, griffé par l’usage du temps, aux rainures rongées, quasi plates, ne quitte jamais les poches de Benjamin. Ce précieux héritage, le seul qu’il reçut de son aïeul, accompagna l’adolescence difficile et les fréquentations tumultueuses d’un garçon triste et terriblement influençable.

Les parents ont vite observé une perte d’éclat dans le regard de leur Benji adoré. (suite…)

Poeme Le Mari De Jeanne weed

5 mots : Le Mari de Jeanne

stupéfaction/diplomatique/souffle/illégal/existant

Esquinté par une routine harassante, il reprend son souffle puis s’éparpille,
Ses pensées voguent ici et là, pareilles aux particules de cendres,
Bousculées par une brise, frêle et sénile,
Comment font les êtres existants pour demeurer si tendres ?

Malgré la conscience que la vie s’effrite en ce monde déroutant,
Sa femme approche et s‘effeuille délicatement,
Il constate avec stupéfaction une peau blanche immaculée,
Cela fait depuis juin dernier qu’il n’y avait point touché. (suite…)

Concours nouvelle écriture

Le bossu de notre rame (partie I & II)

I

Voûté et hagard, il débarque dans le tintamarre du hall de gare.
Le visage bouffi et luisant, il avance d’un pas lent, mais décidé. Alors qu’il se hâte pour se propulser dans la rame prête à partir, les regards intrigués des usagers convergent étrangement vers sa personne. Une fois en place, seuls ses doigts en mouvement pianotent le rectangle tenu au niveau de son bas ventre. Un visage congestionné, souffrant de reliefs turgescents qui reste de marbre. Le train poursuit sa course programmée, défiant la pénombre naissante. Il semble s’épanouir, esquissant presque un sourire alors qu’un bleu luminescent inonde son être courbé. Une nuque bombée qui fusionne avec un crâne focalisé sur un bruit blanc constant.

Inconscient de ce qui l’entoure, le bossu est figé dans l’instant.
Habitué aux agressions des sens depuis son enfance, il avance docilement dans les artères artificielles de la ville. Une fois l’écran condamné à un repos cyclique inévitable, il tente de se rehausser. En balayant d’un bref coup d’œil les différents passagers, il constate une dizaine de mines ahuries le fixant avec insistance. Les regards inquisiteurs alternent tour à tour entre le visage d’Idris et la poche avant de son bleu de travail. En se sentant démasqués, ils détournèrent leurs pupilles à la hâte, dans un mouvement grotesque, pour se focaliser avec un intérêt disproportionné aux publicités défilant sur les vitres-écrans du wagon. (suite…)

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Deux par deux jusqu’au zénith

Pianote

Déchaîne tes doigts

Soulève donc ce joug dissonant

Qui désaccorde les êtres en chassant l’âme

Un chœur héroïque, une symphonie au zénith

Conquérante de la liberté des dames

Elles dévoilent un rythme entêtant

Empli de grâce et d’espoir

Elles chantent d’une voix

Sans faute

L.P

Coexister

Le printemps s’évapore, nos sentiments sont morts
Mes pensées pérorent sur l’attrait de votre corps
En ce rêve de condor, j’élève mon confort
Ressassant les efforts d’un amant qui s’ignore

Le signal des sémaphores cavale dès l’aurore
On prévient les renforts qu’un chien tache le décor
Lui dont le tort a séduit la plèbe et consorts
Ses disciples aux abords d’un périple au-dehors

Doux, mais sonore, le coup de grâce est indolore
Un destin qui corrobore cette fin de cador
L’habit bleu que j’arbore gît aux pieds des butors
Si une voix parle trop fort, c’est sa foi que l’on mord

L.P