Auteur : CYNIQUETAMERE

Exercice d'écriture poème

Trois mains : Ornements

Ornement naïf de ces notes nacrées,
Un manteau chétif pour encore espérer,
Tes courbes expressives que le tissu léger enlace,
Futiles tentatives pour couvrir un épiderme fugace,
Je t’observe avec envie, prédateur vorace,
Et de ta carcasse sortira la vie, émanation du désir infini !
L’incarnation boursouflée et braillarde d’un amour accompli.


L’or nous ment, en témoigne les ornements clinquants de vos demeures grotesques.
Ils ne sont que le reflet de votre orgueil, vulgaire ostentation et le jugement dernier n’en sera que plus funeste. Lassé par tant de couardise, rien en vous ne s’élève, votre âme se (suite…)

Tautogramme en A

Tautogramme en A

Anna attend l’amant absent avec abnégation,
Arrivée aux aurores, aussi apprêtée qu’acculée,
Appréhendant l’apache à l’abri d’autrui.
Armand avance avec l’allure apaisée,
Aux abords aménagés accueillant l’ardeur d’Anna,
L’auguste Apollon attrape l’amie assidue aux appas affriolants,
L’aspergeant d’amour alors qu’agonise l’automne.

L.P

Coexister

Le printemps s’évapore, nos sentiments sont morts
Mes pensées pérorent sur l’attrait de votre corps
En ce rêve de condor, j’élève mon confort
Ressassant les efforts d’un amant qui s’ignore

Le signal des sémaphores cavale dès l’aurore
On prévient les renforts qu’un chien tache le décor
Lui dont le tort a séduit la plèbe et consorts
Ses disciples aux abords d’un périple au-dehors

Doux, mais sonore, le coup de grâce est indolore
Un destin qui corrobore cette fin de cador
L’habit bleu que j’arbore gît aux pieds des butors
Si une voix parle trop fort, c’est sa foi que l’on mord

L.P

Exercice d'écriture 10 mots

10 mots

costume/dérive/drapeau/frontière/renversement/présumé/disponible/glande/rubis/donneur

Un costume d’apparat aux striures délicates dans lequel je me noie,
Il fait office de réceptacle pour mon cœur à la dérive,
J’aimerais porter mon allégresse tel un drapeau,
Marquant avec autorité la frontière entre le Styx qui m’abreuve et l’espoir qui me fait vivre,
Je cherche en vain le renversement ultime qui me siphonnera hors de la vase,
Éternel présumé innocent, je suis attiré par l’exaltation des eaux vives,
Sans cesse disponible pour les remous dont je ne ressens que les lointains fracas,
Alité par la paresse et une forme de peur attentiste,
je glande au climax d’une dilettante non assumée,
Tel un rubis je scintille à l’idée de voguer l’esprit apaisé,
Nageant dans un costume suranné, c’est en donneur de leçon que je finirai.

L.P

A celle qui ne pleure pas

Viendras-tu contempler les brulures indicibles
De mon coeur, que le chagrin fatigue et accable
Viendras-tu, aux abîmes, créature admirable
Soulager ma douleur d’un sourire paisible.

Accorde-moi de te voir, nymphe délicate ;
Et réchauffe mon coeur engourdie par l’effroi.
Repousse avec grâce le puissant Désarroi,
Tel un baume qui couvre les lourds stigmates.

Dissipe les nuages et les brumes léthargiques,
Les orages tièdes, les maussades hivers ;
Réprime la tempête et ses souffles pervers,
Et offre à mon corps un repos nostalgique.

Hâtons-nous, mon âme, vers des chemins glorieux !
Des sentiers de sagesse, de beauté et de joie ;
Ces précieux attraits que je trouve chez toi,
Qui éveillent en mon coeur un chant victorieux !

F.L.

Les nonnes

Six vieilles nonnes étranges
Aux mâchoires longues et sordides,
Valsent au milieu d’une grange
Au toit fort, large et solide.

Sur ce plafond frappe l’averse,
Qui sonne le glas des légèretés.
Les secousses n’étoufferont pas leur hardiesse
Et les dévotes danseront pour l’éternité.

F.L., Quart d’heure cynique

 

Citation Emile Cioran

Exégèse de la déchéance

Chacun de nous est né avec une dose de pureté, prédestinée à être corrompue par le commerce avec les hommes, par ce péché contre la solitude. Car chacun de nous fait l’impossible pour ne pas être voué à lui même. Le semblable n’est pas fatalité mais tentation de déchéance. Incapable de garder nos mains propres et nos cœurs inaltérés, nous nous souillons au contact de sueurs étrangères, nous nous vautrons assoiffés de dégoût et fervents de pestilence, dans la fange unanime.

E.C

Mais bon

Ce fut court mais bon.
Une parenthèse éphémère à l’honnêteté infaillible.
Une tentative vaine et naïve tenant ses promesses de joie et de peine.
La désinvolture masque les émotions.
Les rictus s’érigent face à tant d’insouciance.
L’étonnement est désuet.
La surprise est antédiluvienne.
Ils poursuivent bille en tête une course effrénée vers un lent marasme collectif.
La jalousie rend l’angoisse palpable, le doute permanent et les pensées abrasives.
Une quête de performance poussive et lassante.

Pourtant ma bouche est pleine des mots je t’aime. (suite…)