Nous partons assez tôt d’Eflani pour rejoindre les copains sur la route menant à Bartin puis Amasra ! Rien de tel que de nouveaux protagonistes pour raviver la motivation et trouver la force de parcourir les quelques 400 km restants. D’autant que nous commençons à subir un peu. La douleur au genou de Yoann ne faiblit pas et le lance pratiquement à chaque coup de pédale. De mon côté, la succession d’étapes longues et intenses joue sur mon mental.
La journée est radieuse et les paysages très champêtres, on se croirait presque dans les Préalpes. Une myriade de fleurs colorées peuplent les étendues de part et d’autre du chemin. Il y a toujours cette fragrance de coriandre qui guide notre avancée dans les méandres de la campagne turque. On emprunte des sentiers de gravier, suffisamment tassés pour nos vélos de route. Nous sommes seuls, entourés de verdure et sans aucune voiture qui nous croise, c’est très agréable. On en profite pour tourner quelques images au drone. Pendant les réglages, je me délecte de la boisson énergisante offerte la veille par Ibrahim. Rien de tel pour booster les performances de la matinée.

Le point de rendez-vous a été fixé dans la petite ville d’Abdipasa vers midi. Nous arrivons en avance par une longue départementale. On patiente, on trépigne plutôt, avec un ayran et quelques chips sur une terrasse ombragée. Il s’agit d’un village perdu à l’urbanisme approximatif. Parfait pour se dépayser et attaquer la deuxième partie du trip tous ensemble. On se voit rapidement offrir des pois chiches grillés puis un homme apporte une chaise pour s’asseoir auprès de nous. Mouhamad nous raconte son accident de moto, de sa voix tout aussi accidentée. On n’est pas loin du personnage de Ned dans la série South Park. Proche de la cinquantaine, il se dégage une réelle sympathie de ses yeux rieurs. L’occasion de noter que les cigarettes sont très bon marché en Turquie et que la quasi-totalité des hommes que nous croisons se baladent la clope au bec. Il nous met donc en garde sur les dangers des routes de montagne et des chauffards, surtout avec nos frêles bécanes. Il tient ensuite à nous présenter son ami professeur qui parle anglais. On le soupçonne d’avoir un peu menti sur le CV, car la discussion s’avère assez compliquée. (suite…)


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