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Voyage à vélo en turquie – Jour 2 : Sinope – Ayancik

Samsun est une ville assez importante. Elle semble riche de prime abord avec son tramway moderne. Les buildings s’étendent sur des collines verdoyantes plongeant dans la mer Noire.

La nuit déjà courte fut perturbée par l’ingestion d’un coca avant de dormir. Quand l’appel du minibar a eu raison de nos esprits fatigués par le voyage. 5h30, nous descendons pour découvrir le “Big taxi” qui nous a été réservé. Il s’agit en fait d’une simple voiture de ville pour nos cartons d’1m70 de longueur. Le conducteur paraît visiblement aussi surpris que nous. Il se gratte la tête, fait le tour du véhicule en quête d’une solution. Malgré sa bonne volonté et ses vaines tentatives, le voyage se fait coffre ouvert en tenant les portières entrebaîllées…

Nous traversons Samsun qui s’éveille doucement. Le jour est déjà installé, quelques badauds arpentent les rues en escalier. Des chiens errants paisiblement assoupis se réveillent brusquement à notre passage pour nous pourchasser avec fureur. Décidément, il faudra se montrer vigilant avec nos comparses canidés une fois sur les vélos. Sans doute trop préoccupé par l’équation cartons/taxi, j’ai oublié de laisser la clé de notre chambre à l’hôtel, ce sera facturé 100 turkish liras. Les cartons intriguent à présent le chauffeur du car nous permettant de rallier Sinope. Ils sont pris en charge pour 200 TL. Habitués des voyages plus conventionnels et touristiques, on a l’impression d’être souvent ciblés par de petits suppléments à débourser. Pour le moment, nous sommes simplement heureux d’avancer sans trop de difficultés vers le point de départ du trip. Reconnaissants envers les Turcs également de se montrer compréhensifs et toujours prêts à trouver une solution.

voyage en turquie (suite…)

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Voyage à vélo en turquie – Jour 1 : Lyon – Samsun – Sinope

Tout est parti d’une boutade et de quelques coïncidences.

D’abord, le lancement d’un blog en 2015 avec pour objectif de se mettre à écrire fréquemment et de recevoir des retours et critiques sur notre prose balbutiante.

Aussi, pour caresser le rêve d’être assimilé à la sphère des écrivains, d’entrer peu à peu dans l’imposante maison de la littérature.
CYNIQUETAMERE. Derrière le jeu de mots douteux, un simple hommage aux artistes incisifs, dotés d’une belle plume et d’un regard désabusé, mais intelligent, sur notre monde. Des poèmes, des pamphlets et autres nouvelles se mirent donc à fleurir en ligne.

Puis, la recherche naïve de l’étymologie du mot cynique nous ouvrit les portes d’un courant de pensée et d’un personnage haut en couleur, assez méconnu et pourtant si fascinant : Diogène de Sinope.

Qui aurait prédit, 8 ans en arrière, que la rencontre avec une philosophie vieille de plus de 2500 ans m’aurait mené en Turquie au bord de la mer Noire ? À l’heure où j’écris ces lignes, je me dirige vers Istanbul pour la première étape du voyage. Derrière la caméra, mon frère fait la mise au point pour tenter de capturer les pattes de mouches que j’appose au stylo plume dans un carnet de cuir.

Diogène le cynique ou Diogène le chien sont parmi les sobriquets de ce personnage anticonformiste, antimatérialiste et contre toute forme de privation de liberté. Il mord là où ça fait mal, pour mieux nous éveiller sur l’absurdité de nos comportements, tellement ancrés qu’on ne pense plus à les remettre en question. Un philosophe des actes plutôt qu’un Platon écrivant bien au chaud des théories denses et complexes. Il se masturbe en public, vit comme un clochard, répond toujours par un bon mot inattendu qui déstabilise. Il navigue entre la rock-star et le rappeur aux punchlines aiguisées. Souvent “un ton plus haut”, au-delà des limites, pour mieux nous percuter avec ses idées. Le but est de nous rendre à Sinope, sa ville natale autrefois grecque, pour rallier Istanbul à vélo en longeant plus ou moins la mer Noire. Nous partirons de sa statue à travers le nord de la Turquie pour nous imprégner de ses enseignements, les mettre en pratique, du moins les appréhender et participer à la démocratisation de sa philosophie par la réalisation d’un documentaire.

La tête et les jambes au service du cynisme !

(suite…)

Saal

Comme une envie de saleté ;
Que la moiteur inonde toute bienséance ;
Que jaillisse une myriade de corps dénudés,
Un méli-mélo corrompu par l’indécence.

Les mécréants ternissent la stature des meneurs,
La crasse se mêle aux effluves délicats,
Les velours soyeux s’entachent de sueur,
De longs râles fleurissent ici et là.

Les fruits exultent et pleuvent ;
Ils aspergent de leur jus l’éthique,
Et la concupiscence s’abreuve
De nos dérives extatiques. (suite…)

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Itinéraire de la démesure

Les passions font vibrer mon enveloppe corporelle ;
Un carburant qui attise ce brasier éternel.
Les flammes s’emparent de ma nature complaisante,
Lacérant ma modestie par leur étreinte incandescente.

Ma présence parmi vous est bien trop éphémère,
Mon iris est troublé par ce voisinage vulgaire.
Les concepts ruissellent sur vos pensées étriquées,
Mon talent déborde dans ce monde limité.

Prenez garde à l’éclosion d’une œuvre boulimique
Happant chaque esquisse, chaque fibre artistique.
J’ôterai aux autres toute appétence pour l’invention,
J’ôterai jusqu’à ma vie, car elle n’est pas de ma création.

L.P

Printemps Bleu #1

C’était une nuit qui n’avait pas de lune. Et le jour précédent avait été monotone.

Nous errions seuls, dans ce décor sombre, égarés, indifférents.

Cet ami, que vous voyiez, il m’a toujours fait une excellente impression. Il m’est apparu, depuis que nous nous connaissons, comme un être puissant et fier.

Je le sais parce qu’à son contact, moi, je me suis trouvé un peu terne et emprunté. Ce soir j’ai l’impression de le voir tel qu’il est : tendre, imparfait, incertain.

Je ne sais pas si je l’aimais. Je pense que je l’adorais, que c’était un modèle que j’essayais d’atteindre. Comme un idéal, une image de moi que j’aimerai.

Mais en cette soirée de printemps, rien ne peut me détourner de cette atmosphère calme, ou je contemple la mer comme je contemple mon âme. Et j’aime ce que je vois.

François Lillart

(En collaboration avec Paul Lecat)

Poésie courte pluie

Poème court : Une Pluie Cossue

Tel un collier de perles qui soudain se brisa,
Les cieux furent amputés de leur précieux éclat.

Le bijou se déversa lentement,
Jadis retenue par un liseré délicat ;
Un festival d’assauts humiliants,
Sur les gueux arrangés en tas.

L’impact fut aléatoire,
l’intensité crescendo
Et je guette chaque soir,
la chute d’une goutte d’eau.

Puisse-t-elle inonder le brasier de mon cœur,
En chasser les souffrances dans une intense vapeur !

Léon Plagnol

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Pensée portugaise #1 : Introduction

« Naviguer est nécessaire, vivre ne l’est pas » – Fernando Pessoa

Car si vivre consiste à subir les tumultes, à quoi bon s’infliger les réveils quotidiens ?
Voguer permet des avancées fluides sans pour autant s’agiter. Dériver nous mène avec légèreté vers des lieux insoupçonnés. Je ferme les yeux et les lignes ondulées se succèdent, similaires, néanmoins toutes singulières. Le sel infiltre mes pores puis s’associe au soleil pour briller sournoisement mon épiderme si pâle. Il me fait comprendre que je n’ai pas ma place sur cette surface humide et les éléments qui se déchaînent ne cessent d’appuyer son propos. Mais une brève halte hors du plancher des bovins ravive les sens en bousculant les certitudes. Vulnérable cloporte à l’échelle de cette immensité, qui oublie de s’étonner de son improbable existence. Sur un vieux tronc d’arbre ou à bord de majestueuses galères, le phénomène de flottaison nous berce d’histoires à s’approprier, de contrées à explorer et d’âmes à côtoyer. Le mouvement prime la destination. L’immobilisme est préjudiciable. Tenter d’attirer à soi les remous du large est lâche, la gratification inexistante.
Immerge ta souche et chevauche-la, pense à ce que tu cherches sans trop l’idéaliser. N’oublie pas le chemin inverse vers le port d’attache, car partir n’est pas une fuite, mais une quête pour mieux revenir.

L.P