Concours nouvelle écriture

Le bossu de notre rame

Voûté et hagard, il débarque dans le tintamarre du hall de gare. Le visage bouffi et luisant, il avance d’un pas lent mais décidé. Une fois en place, seul les doigts en mouvement pianotent le rectangle lumineux. Un visage congestionné, souffrant de reliefs turgescents qui reste de marbre. Le train poursuit sa course programmée défiant la pénombre naissante. Il semble s’épanouir, esquissant presque un sourire alors qu’un bleu luminescent inonde son être courbé. Une nuque bombée qui fusionne avec un crâne focalisée sur un bruit blanc constant. Un bourdon qui trompe l’inaction et annihile toute réflexion. Les néons luttent pour délivrer un éclairage décent. Les courts-circuits permanent tentent avec ardeur de les déstabiliser.  Cette guerre perdure dans un climat d’indifférence. Inconscient de ce qui l’entoure, le bossu est figé dans l’instant. Habitué aux agressions des sens depuis son enfance, il avance docilement dans les artères artificielles. Un autiste euthanasié qui voudrait se dématérialiser. Une fois l’écran condamné à un repos cyclique inévitable, il tente de se réhausser. Constatant avec passivité que son corps s’est démultiplié. Des clones disgracieux et penchés qui ne semblent pas le remarquer. Il descend au prochain arrêt en quête de ressources pour sortir son appareil d’une veille insensée.

L.P

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