CHIPSTER

Aux origines du monde, le terme « hipster » désignait de petits êtres ne jurant que par une branche pointue de la jazz musique, le bebop. Des petits blancs adoptant les codes des musiciens et autres instigateurs de la culture afro-américaine.
Une revendication anti-conformiste et peu consciente de l’aliénation des foules par les sonorités trop aseptisées et redondantes. Celles-ci, incarnées à l’époque par le jazz classique selon Théodor W. Adorno, énonçant sans vergogne que l’improvisation calée sur des boucles rythmiques bien définies, constituait la prolifération d’une industrie culturelle, les balbutiements de la culture de masse.
Autant dire qu’une demie seconde du dernier David Guetta suffirait à déclencher un phénomène de combustion spontanée chez nos protagonistes à bretelles.

Un mouvement alternatif partant d’un bon sentiment à priori. De jeunes gens bien fringués, avides de musiques nouvelles et qualitatives. Mais voilà que l’on ressort ce terme à toutes les sauces dans notre ère post an 2000. Il devient tantôt péjoratif voir inadéquat, tantôt symbole d’une jalousie pileuse.

Disons que l’on peut distinguer deux grandes formes d’utilisation courante.

1. Péjorativement légitime

On évoque ici les abuseurs (#disiz), les toujours plus.
Du genre à mettre un bonnet en été, les lunettes de Jamie de C’est Pas Sorcier, un pull XXL Supreme, un cartable spider-man trouvé à Emmaüs, un short de jogging et des chaussettes Snoopy fièrement arborées à mi-mollet. À noter que ce portrait robot décrit un individu ayant réellement croisé mes délicates pupilles qui n’en demandaient pas tant.
On notera également le look S.D.F très en vogue dans certains quartiers, à base de cheveux gras et haillons dépareillés. Enfin la pièce maîtresse, à savoir le jean retroussé à outrance comme signe distinctif de ces badauds provocants, véritables incubateurs à soupirs et agacements.

Dessin par Eric Salch

Dessin par Eric Salch

2. Authentiquement justifié

Les personnes à l’affût de la nouveauté, curieuses et intéressées. Ici aussi, on rencontre des extrêmes tout aussi navrants, qualifiant de mainstream une musique qui dépasse les 1000 écoutes sur Soundcloud. Ce qui marche n’est pas forcement de qualité. Je te l’accorde. Cela dit un sondage n’est que plus juste lorsque le nombre de participant augmente. Fils de pute.

Il convient donc de notifier qu’initialement un hipster est plutôt une personne désireuse de se démarquer des autres en empruntant des chemins peu communs mais néanmoins responsables, réfléchies et éthiques. Un volonté noble en soi.

Toutefois cette idée de différenciation s’est paradoxalement transformée en mode d’être à contre courant des modes.


Brain Blast - Imgurhttp://www.hipsterlogogenerator.com/

Un paradoxe entraînant encore davantage notre génération dans une stagnation étrange, comme si les rites de passages à l’âge adulte étaient biaisées. Les dés sont pipés, il ne suffit plus de baiser, prendre une cuite et voter. Il n’y a plus de stade, de cap défini. On fini des études peu stimulantes, on lâche sa meuf et on part à l’étranger parce que travailler ça pue, sauf si l’afflux de maille est assez significatif pour entériner ses désirs. Une sorte d’adolescence ex-croissante qui se dissipe avec la lenteur d’un octogénaire qui nous conte ses histoires d’antan.

Ou alors on fait un faux burn-out de prise de conscience de baltringue et on lance sa start-up vers 30 ans afin de rentrer dans la nouvelle case inventée par un connard au pif : les yuccies.

Conclusion

Le terme est quelque peu dénaturé car utilisé pour dénoncer une forme d’exigence, d’ouverture d’esprit et de classe. Si être à contre-courant se traduit par avoir bon goût on va droit dans le mur mon pote.

– Hippie de merde : « Les fringues c’est superficiel, et puis moi je privilégie le confort. »
– Mec serein : « Ainsi soit-il, je suis à l’aise dans des vêtements bien coupés et qui d’après moi me sied bien. »
– Hippie de merde : « Ça accroît les inégalités, une vitrine ostentatoire en somme »
– Mec serein : « Va écouter du reggae dub dans ton sarouel à la couleur plus que douteuse et continu de refaire le monde avec ta tête de défoncé, vissée sur cet amas flasque et inutile qui te sert de corps. Cloporte. »

Ne pas confondre chic, élégant, classe avec clinquant, opulent et béotien ;).

L.P

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