Réveil à 8 h 15. C’est un peu plus tard qu’à l’accoutumée, mais nous avions besoin de récupérer. On s’extirpe de nos lits, non sans peine. Si la motivation est toujours intacte, le corps commence à trahir quelques dysfonctionnements. Une fois sur le vélo, on n’y voit que du feu. Les jambes reprennent vite leurs rotations quotidiennes sans broncher. Néanmoins, en position bipède, lorsqu’il s’agit de descendre les escaliers de l’hôtel pour aller expérimenter le petit déjeuner turc, la démarche est des moins gracieuses. On croirait deux ours sortant de 6 mois d’hibernation, tâtonnant à chaque pas. Sur la table on retrouve du thé bien sûr, des olives, un fromage de type feta, des concombres et des tomates. L’absence de choix lorsque la faim gronde et que le mental est encore usé par l’effort de la veille rend ces propositions spontanées tout à fait appréciables.
Le départ est fixé à 10 h, ce sera finalement 11. Nous avons des progrès à faire sur les préparatifs matinaux : remballer les vêtements à moitié secs, vérifier l’étape du jour, charger les vélos puis regonfler les pneus, huiler les chaînes et enfin prévoir quelques barres et de l’eau pour la matinée. Le soleil cogne fort et nous allons commencer par une succession de montées. Nous quittons Ayancik, petite ville assez tranquille de bord de mer, logée en contrebas des montagnes. L’aménagement côtier semble récent, avec une présence timide des touristes en cette fin de printemps.
Le décor de notre périple demeure splendide aujourd’hui. Les routes serpentent parmi les monts touffus d’où fleurissent quelques rares maisons et mosquées. Les appels à la prière ricochent sur les parois peuplées de conifères et nous enveloppent dans une atmosphère hors du temps. Le dépaysement est total. Les longues routes parfois désertes et scindées d’une bande jaune ne sont pas sans rappeler les grands espaces canadiens.
Nous sommes aussi témoins des ravages de la pluie. (suite…)

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